La forêt va bientôt fermer

Jean-Marc Ballée
13 septembre — 29 octobre 2006

Jean-Marc Ballée est graphiste. À travers son parcours et ses collaborations, il a approché différents champs de la création : de l’art contemporain (avec Adel Abdessemed, Fabrice Hyber ou Sophie Ristelhueber), au design (« Petite histoire de la capsule d’habitation en images » avec Alexandra Midal) et à l’architecture (avec Rem Koolhaas ou Dominique Perrault).

La cohérence de son travail dépasse la notion de commande et invite à réfléchir sa pratique non pas comme une somme de projets distincts mais comme un système articulé à travers lequel il s’engage sur des questions de fiction et de narration.

L’exposition « La forêt va bientôt fermer » à la Maison d’Art Bernard Anthonioz se veut le lieu de ces associations d’idées et de ces projets. En assimilant formellement images et objets issus de différentes collaborations ou découvertes, Jean-Marc Ballée joue l’amorce de nouveaux parcours narratifs fictionnels pour présenter de nouvelles cohérences, de nouveaux objets et de nouvelles pistes de recherche. Ainsi, la façade de la gare romaine Termini au modernisme triomphant, étudiée en collaboration avec l’artiste Pierre Leguillon lors de leur résidence commune à la Villa Medicis se meut-elle soudainement en support de communication urbaine et vient enrichir une recherche sur les modalités d’accrochages des affiches dans l’espace public développée avec le designer David Énon.

Ainsi, Jean-Marc Ballée égrène dans l’espace les jalons du projet « Drive in » fruit d’une résidence à Chaumont durant laquelle il est allé à la découverte d'une ville et de son paysage. Il s'est approprié le territoire, en l’appréhendant comme un paysage fictionnel dans lequel l'objet du quotidien intègre le scénario, pour mieux le restituer à travers les émotions qu'il dégage et le lire comme on lit un livre, en pointant les détails des architectures ordinaires comme les quelques marches d’un perron modélisé dans l’exposition à l’échelle 1.

Au terme de cette expérience chaumontaise, Jean-Marc Ballée a ensuite voulu mettre en exergue ce vernaculaire qu’on ne montre jamais, en réinsuffler l’image dans l’espace public (à l’occasion du Festival de Chaumont 2006) sur de surprenants mobiliers urbains hybrides, entre bancs publics et panneaux d’affichage qui jalonnent l’exposition jusque dans le parc de la Maison d'Art.

L’exposition « La forêt va bientôt fermer » ne se veut ni rétrospective, ni lecture rétroactive du travail mais support de cohérence. Il ne s’agit pas pour Jean-Marc Ballée de faire le point de ce qui a été fait jusqu’alors mais de souligner les lignes de force d’un travail global de recherche en perpétuelle évolution que ses objets graphiques isolément ne permettent pas forcément de saisir pleinement.