En Thulé froiduleuse, aspects de la scène artistique islandaise contemporaine

Commissaire : Æsa Sigurjónsdóttir
7 novembre — 22 décembre 2013
Vernissage le 6 novembre

Dans son livre Tabúlarasa (1993) l’artiste Sigurður Guðmundsson nous raconte sa lutte absurde et éternelle avec la langue islandaise. Le vocabulaire y est personnifié sous la forme d’une dame de compagnie dans un restaurant à Lisbonne, à la fois étrange et séduisante : « Un homme aveugle aurait pu trouver instantanément la femme que j ́allais rencontrer. Elle était si différente des autres. »

Les artistes islandais présentés ici s’expriment dans ce no-man’s land indéfinissable, au croisement visuel entre littérature, performance et musique. Ils passent facilement d’une chose à l’autre, d’un médium à un autre. Nomades dans leur travail comme dans leur façon de vivre, ils sont citoyens du monde, et vivent à Berlin, Amsterdam, ou bien à Xiamen, comme Sigurður Guðmundsson. Mais ils restent profondément liés à Reykjavík, cette ville portuaire qui sent le soufre des sources chaudes. L’exposition a pour but de faire découvrir différents récits qui circulent dans cet esprit insaisissable si caractéristique de la création contemporaine en Islande.

À travers des photographies, des vidéos, et un film documentaire, se dessine comment les artistes islandais associent leurs histoires à de nouvelles formes narratives et ouvrent ainsi l’accès à un univers habité par cette langue, sa pensée, ses peurs, et son sens d’humour fantasque et décapant.